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Elle s’appelait Rosalie. . .*
chez Rosalie
chez Rosalie

 

De son épicerie, quand elle n’était pas avec les clients, à parler du temps, elle aimait regarder jouer les enfants, dans la rue en face. Plus tard, en vieillissant, c’était de sa fenêtre, en haut, qu’elle regardait les passants. Et puis plus grand monde n’est passé, et Rosalie est partie, tout doucement.

Personne n’a repris l’épicerie, et avec elle, insidieusement, Fontenoy aussi s’est éteinte, pour ne plus montrer que des fenêtres cassées, des herbes folles entre les pavés… et les chats, régnant sans partage dans les rues vides.

Non loin du port de plaisance ou des circuits VTT, à deux pas du château ou du musée de la broderie, il y a ces maisons délaissées aux portes et fenêtres condamnées, ces arrière-cours où peu à peu la nature reprend ses droits, arrêts sur images d’une Vôge peu à peu désertée faute d’emploi.

Bienvenue à Fontenoy-le-Château…*

 

 

 

* Ce texte est en partie une fiction. Rosalie, en fait, était très jeune en 2014, elle avait tenté de relancer l’épicerie à Fontenoy-le-Château. Mais les rues vides, les maisons abandonnées, elles, existent bel et bien. . .  Les chats aussi !

Philippe Lhote, juin 2019

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